Voltaire Rousseau

De Jean-François Prévand
Mise en scène de Gérard David
Avec Eric André (Voltaire), Jean-François Coffin (Rousseau)
Scénographie-Lumières Johann Ascenci
Costumes Anne Vergeron
Création 2014

Chassé de l'Île Saint-Pierre, Rousseau ne sait où se réfugier. Il rend donc une visite imprévue à celui qu'il tient pour le responsable de tous ses maux : Voltaire. Il le soupçonne notamment d'avoir écrit sous pseudonyme un pamphlet qui a révélé au monde entier que l'auteur de l'Emile, un traité sur l'éducation, avait commencé par abandonner ses cinq enfants à l'assistance publique.

C'est donc à une véritable "scène de ménage" que l'auteur nous convie en mettant face à face deux êtres que tout, à la fois, oppose et rassemble. Une confrontation tonique et savoureuse, bien loin des envolées philosophiques et intellectuelles que l'on attribue généralement aux deux compères... même s'il est évidemment question entre autres de théâtre et d'éducation.

Voltaire Rousseau, cela sonne décidément comme un match de boxe, un pugilat entre deux conceptions majeures du monde et de l'utilité de la culture.

Mot du metteur en scène

Voltaire Rousseau ? Autant  dire deux frères ennemis. Frères en philosophie, en audace, ennemis dans leur rapport au monde et à l’humanité. L’un est mondain, jouisseur, engagé dans un combat infaillible contre « l’infâme », c’est à dire la tyrannie et le fanatisme religieux, et parie sur le progrès des « Lumières » des sciences et de la raison. L’autre est misanthrope, bileux, solitaire, défenseur passionné d’une sensibilité nouvelle, attachée à l’émotion et à la quête de l’authenticité.  Jean-François Prévand a imaginé une rencontre des deux philosophes, à Ferney, la propriété de Voltaire. Rousseau vient s’enquérir de l’auteur d’un pamphlet assassin qui ridiculise sa personne et ses œuvres. Une conversation s’engage qui devient peu à peu une querelle où la verve pragmatique et leste de Voltaire a finalement raison des arguments sensibles de Rousseau. Cette œuvre brève réussit le tour de force de rendre vivants, incarnés, présents par le théâtre, les débats des Lumières à travers deux personnalités subtiles et attachantes. Voltaire et Rousseau,  icônes de la pensée française, sont ici descendus de leur piédestal pour nous dire simplement l’actualité de leurs propos.

 

Par ce choix, la Cie Les Labyrinthes, confirme son attachement à un théâtre curieux de débats, engagé dans la transmission, la diffusion plus large et la relecture d’un patrimoine philosophique utile à la compréhension des enjeux contemporains. Ce spectacle, à l’intention des scolaires, se situe dans la même perspective qu'Adam Smith Le Grand Tour.

 

 

Gérard David

Le Fétichiste

De Michel Tournier
Mise en scène de Gérard David
Nouvelle mise en scène en 2014
Avec Eric André
Création 2016

Martin, voilà un nom qui promet une vie d'une banalité sans pli et sans accroc. Pourtant, il faut compter sur le destin qui trame toujours quelque chose : pour Martin, c'est la rencontre d'Antoinette et de sa petite culotte !

Sa vie est désormais tracée : il sera fétichiste.

Martin a la fibre sentimentale, au sens propre, il ne peut aimer son Antoinette que par falbalas interposés.

Pour lui, la nudité est sa maladie, le corps dévêtu une pièce de viande, et l'amour et l'érotisme exigent de la tenue, de la retenue.

On peut voir dans ce personnage de fou raisonnable, cocasse et tragique, une filiation théâtrale avec Baudelaire fasciné par l'artifice, le maquillage, les passantes aux voluptueux atours.

On peut entendre aussi dans ce texte un contrepoint à des réalités contemporaines que sont les obsessionnelles et délirantes nudités des images et l'auto fétichisme des corps percés et tatoués.

Gérard David

 

Création en salle du 3 au 5 mars 2006 au Mascaret à Blanquefort, dans le cadre de la manifestation "Voix multiples : masculin, féminin, y-a-t-il un mauvais genre ?"

Création en théâtre de rue le 2 septembre 2006 à Macau, dans le cadre du festival "Gueilles de Bonde".

Spectacle joué ensuite du 19 au 21 octobre 2006 à Pau, le 16 avril 2008 à Talence, le 26 janvier 2010 à la Médiathèque de Mérignac, du 20 au 23 novembre 2014 à l'INOX de Bordeaux, du 19 au 22 août 2015 au Festival international des arts de la rue d'Aurillac et du 10 au 14 novembre 2015 au Théâtre du Grand-Rond de Toulouse.